⚡?? Trèbes : François, ancien militaire, employé du Super U a évacué 20 personnes au péril de sa vie

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L’homme tient absolument à rester discret. Surtout pas d’image. Son prénom ? « François », répond-il, sourire aux lèvres, cigarette au bec, et vêtu de sa veste « Super U ». Ce salarié de la grande surface ne souhaite pas se faire connaître du grand public, pourtant quelques heures plus tôt, François, donc, s’est distingué par sa bravoure. « C’est pas du courage, je crois pas. C’est du sang-froid », insistait-il, vendredi, aux alentours de 16 h 30, devant la mairie de Trèbes.

« Pour moi, mettre ces gens à l’abri, c’était normal »

Il a, lui-même, évacué une vingtaine de personnes du supermarché au début de l’attaque. « Le terroriste m’a même tiré deux fois dessus. Il m’a raté. Je dois dire qu’il n’était pas ordonné, on aurait dit qu’il faisait ça un peu n’importe comment, qu’il était perdu… C’était bizarre, je sais pas comment le dire autrement. » Sa maîtrise s’explique certainement par son parcours. « Je suis resté 22 ans dans l’armée, surtout en Afrique. Gérer mes nerfs, je sais faire. Alors, j’ai demandé à tous ces gens de me suivre pour évacuer. On est partis par la grosse porte de derrière, l’arrière-cour. Les secours n’étaient pas encore arrivés, donc c’était vraiment le début de l’attaque. Moi, j’avais déjà connu ce style de situation dans l’armée, je connais les armes à feu, je sais gérer la panique, mais je comprends qu’on puisse être effrayé », détaille cet employé.

« Pour moi, mettre ces gens à l’abri, c’était normal », reprend-il. Le comportement du terroriste ? « Il criait, il tirait… » Selon François, une cinquantaine de personnes travaillent dans ce magasin. Lui n’y œuvre que depuis peu de temps. « C’est une entreprise familiale. On se connaît tous bien. Donc, c’est dur quand même, il faut l’avouer. » D’après lui, hier, c’était une matinée normale au Super U. « Il y avait une affluence habituelle. Tout allait bien… Jusqu’à cette attaque. » Devant lui, passe l’une de ses collègues. Manifestement bouleversée, elle sanglote. Elle s’assure que François n’est pas touché puis repart…

Source : www.lindependant.fr